HF Ito’s Bay Area Summer Workshop 2019

HF Ito’s Bay Area Summer Workshop 2019

Le samedi 17 août, à l’Académie Marin de San Rafael, en Californie, le maître instructeur HF Ito a dirigé un Keiko dans la région de Bay Area (San Francisco) rendant visite à des pratiquants du Shintaido. 12 étaient présent le matin et 10 en après-midi à travers deux keiko, sur le thème : Ouvrir la porte du Perception : Muso-Ken. Compte tenu de son intention à réduire les voyages transatlantiques depuis son domicile en France et de ne visiter l’Amérique du Nord qu’une fois par an, il s’agissait probablement du dernier atelier d’été d’Ito Sensei en Californie du Nord. Pour certains d’entre nous, ce fait ajoutait une nuance subtilement poignante à l’enseignement profond et nuancé de Ito Sensei. Sarah Baker et John Bevis ont documenté l’atelier en vidéo tout au long de la journée.

Le Keiko a commencé par une forme d’échauffement qui était nouvelle pour beaucoup d’entre nous. Connie Borden a présenté des mouvements basés sur la fin de la partie III du Taimyo kata qui se jette dans le début de la partie I de Taimyo de celui-ci.

Connie Leads Warmups

Ces mouvements s’appellent Embrasser le ciel (ho-ten-kokyu-ho), le corps tournant en rotation trois quarts (hokushin kokyu-ho), oodachi zanshin et kan ki). Ils concentrent la respiration (kokyu) dans un mouvement spiralique en tournant autour notre colonne vertébrale dans notre être pour atteindre plus haut dans les cieux et plus basvers le centre de la terre. Nous avons étudié les contrastes découlant de la création de petits cercles en dessous de nous, puis à  ouvrir en verticale, en face et en diagonale de soi pour tracer de grands cercles et embrasser le ciel. En nous inclinant en gratitude, nous avons étudié la compression de l’air et de l’espace corporel du devant nous. Pour commencer le hokushin kokyu-ho, nous avons étreint un arbre, puis nous nous sommes lentement élargis dans cette relation, en faisant l’expérience du contraste entre le haut et le bas tout en continuant de nous concentrer sur la verticalité et la respiration lente et profonde. Notre main avant s’élevait avec les doigts et la paume de la main dirigés vers l’arrière, tandis que la main inférieure était dirigée vers le bas et les trois quarts derrière nous, la paume de la main tournée vers l’intérieur.

Tout au long de ces mouvements, nous avons pratiqué afin que nos yeux suivent nos mouvements, ultimement, le mouvement des yeux nous aide à traverser dans l’espace et à travers le temps. Dans le dernier segment, nous nous sommes ouvert à Ten avec les mains kaisho-ken vers le ciel, puis nous avons formé un tsuki croiser devant la poitrine pour saisir ce qui nous attendait, en croisant les bras devant nous, nous nous sommes retrouvés dans la posture classique du karaté, le kaiho-tai.  Avec kan ki, partie I de Taimyo ouverture, nous nous allongions devant nous comme pour plonger dans l’océan du ki et après avoir fait un dernier grand cercle autour de nous, nous avons laissé l’énergie du ki atterrir dans ce nouvel espace, paumes des mains se refermant en tsuki. Nous avons ramené notre tsuki à nos côtés, laissant nos coudes derrière nous tout en approfondissant notre kiba-dachi (position d’équitation). Après avoir maintenu cette position pendant un moment pour permettre à nos corps de se sentir réchauffés, nous nous sommes tenus debout, laissant nos bras se déplacer vers le bas sur les côtés de nos corps, les doigts ainsi dynamiser, pointant vers le bas. Après l’échauffement dû à la respiration, aux torsions, à la spirale et à l’expansion, nous avons fini par nous sentir tout à fait droits et clairs, prêts à étudier notre conscience de nous-mêmes et à accroître la compréhension des autres.

Avant de commencer la pratique physique, nous nous sommes assis en cercle et Ito Sensei a pratiqué une conversation basée sur un document imprimé à double face. Avec l’aide de Tomi Nagai-Rothe et de Nao Kobayashi pour la traduction, il a d’abord abordé les différentes formes de ki. Allant du manque de confiance / peur (yowa-ki) à la détermination et à la disponibilité (tsuyo ki) ou dans la simplicité d’être (non-ki), de prendre soin de sa propre énergie (ki wo tutete) à être attentionné et attentif envers les autres (ki-kubari), et plus encore.

Ito’s Talk

Le concept épineux de sak-ki, qui se traduit par la soif de sang ou l’intention de tuer, était essentiel car il était étroitement lié au deuxième segment de la discussion, le muso-ken. En pratique, nous travaillions le développement de la sensibilité aux énergie se retrouvant ou provenant de derrière nous, en particulier, sur l’intention ou l’approche de quelqu’un souhaitant nous attaquer par derrière. Comme le dit Ito Sensei, mu-so peut être interprété, d’une part, comme signifiant «rêve», «vision», «prémonition» et «voyance», ou d’autre part comme quelque chose de «déphasée», «sans phénomène» et «vide» s’apparentant à l’absence totale de lumière ou de matière sombre.

On peut donc penser que Muso-ken utilise l’épée de perception, la définition française donnée par l’instructeur général du shintaido français Pierre Quettier. La pratique du matin et de l’après-midi s’est donc concentré à l’apprentissage d’une utilisation efficace de cette épée.

Nous avons commencé par wakame kumite, l’initiateur utilisant un toucher de plus en plus léger à un rythme s’accentuant et le récepteur développant une sensibilité de plus en plus affinée au contact et à la direction de l’énergie traversant le corps. Ito Sensei a souligné que le wakame est une chose que vous ne pouvez jamais croire avoir perfectionnée, c’est une chose à travailler pour le reste de votre vie – dans les relations, dans la famille, au travail et dans le monde.

L’essentiel de la pratique était de développer la sensibilité avec le dos, de faire de tout notre dos un capteur (ou un ensemble de capteurs), comme un radar, détectant et prenant conscience de ce qui nous arrive par derrière. Alors que nous cultivions la sensibilité envers quelqu’un venant de derrière, nous avons travaillé sur deux modèles de pas différents pour recevoir l’attaque. L’un consistait à faire un pas en avant et légèrement décalé (avec le pied droit, par exemple), ouvrant un chemin à l’attaquant en faisant pivoter et en écartant légèrement le pied gauche et en la «accueillant» pour qu’elle entre et passe dirigé de la main gauche. Le deuxième consistait à faire un pas diagonale en arrière (avec le pied droit, par exemple), ouvrant un nouveau chemin en pivotant créant un espace pour permettre à l’attaquant de passer, accueillant et exhortant le partenaire dans un mouvement Tenshingoso «E» de droite. Les deux techniques développe la capacité de gérer l’attaque dans l’espace et dans le temps. Bien que Ito Sensei n’en ait pas beaucoup parlé, les récepteurs dans le kumite ont été encouragés à reconnaître et à expérimenter les synchronisations A, B et C sur le spectre de réponse, précoce à tardive.

Après avoir travaillé sur la marche, les recepteurs du kumite ont pris les armes – soit un magazine enroulé jouant le rôle d’un bâton court, puis un boken ou un bokuto – et ont ajouté les mouvements gedan baraï et ha-so à leur réception.

Quant aux assaillants, ils ont approché leurs partenaires kumite par l’arrière avec différentes techniques (et armes): en utilisant les premiers mouvements du kata Diamond Huit Cut, en s’avançant avec un mouvement de lance. Au cours du keiko de l’après-midi, Ito Sensei nous a fait subir des attaques d’épée dai jodan de derrière, pour finalement recevoir deux attaquants afin que nous puissions mesurer et gérer leurs énergies différentes. Entre les keiko, nous nous sommes retirés chez Jim et Toni Sterling pour un brunch potluck (pottelocke pour les Québécois) qui est devenu une continuation du keiko par la communion sociale et une discussion philosophique.

Sword practice

Vers la fin du keiko en après-midi, Ito Sensei a parlé de Tenshingoso en termes métaphoriques, appréciant ses mouvements dans un retournement constant, comme nous pourrions le faire avec des chaussettes. Sur terre mais au-delà des limites de l’univers en tenant (shoko) notre planète avec bonté et l’amenant à l’intérieur de nous-mêmes. Enfin, il nous a confié des «devoirs» en solo, des mouvements Muso-Ken qu’il nous avait enseignés et nous a rappelé que nous devons appliquer notre pratique du Shintaïdo, en général, à notre façon de penser la vie, la mort, et à notre façon de vivre nos vies dans le monde.

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